LE PETIT BLEU SUR LES TRACES DU PETIT JAUNE

Le petit jaune (SUN 2500 – JEANNEAU), élu coup de cœur de Voiles et Voiliers, nous a fait rêver par son tour de France et ses multiples escales souvent accessibles qu’aux seuls bateaux échouables.

Nous avons donc fait l’acquisition de son frère jumeau en mars 2008.Après l’avoir testé sur plusieurs sorties par tous les temps (pluie, grêle, froid) dans le pertuis breton, l’idée nous est bien sûr venu d’organiser un périple de 3 semaines entre La Rochelle et Saint Jean de Luz. Projet un peu audacieux sachant que l’on allait devoir affronter des passages réputés délicats.

Nous sommes partis le 12 Juillet 2008 du port des Minimes, direction l’île de Ré, plus précisément la Flotte, sous un soleil radieux, mer calme. Nous n’avions pas fait 50 mètres, le vent ne nous permettant pas de sortir en marche avant à cause du bi-safran, nous sommes sortis en marche arrière sans pouvoir éviter un énorme paquet d’algues qui bloqua immédiatement l’hélice. Nous avons été contraints de revenir à notre place, obligés de plonger sous la coque afin de débloquer l’arbre et l’hélice. Après ce petit contre temps nous sommes arrivés à la flotte à 15 heures.

Le 14 Juillet, départ de la Flotte à 12 H 30, vent d’Ouest Force 3 pour pique-niquer à la pointe du Grouin (passage entre les corps morts par 2 mètres d’eau (dérive relevée).A 17 H nous sommes partis dans le Fier d’Ars, arrivés à 18 H 30 où nous échouons en face de Trousse Chemise en compagnie de 2 dériveurs intégraux. Pour anticiper la renverse de la marée et ne pas éviter sur les ancres de nos voisins, nous avons posés 2 ancres en pâte d’oie.A l’échouage on en a profité pour ramasser un bon kilo de coques, en assistant à un superbe coucher de soleil et une nuit éclairée par les nombreux feux d’artifices de la côte.

Le 15 Juillet, réveil matinal à 6 H du matin, marée oblige, afin de s’échouer sur le banc du bûcheron à 6 H 45. Seuls au milieu des oiseaux nous avons passés la matinée à se baigner. A midi cap à l’Est, puis au Sud direction Boyardville, vent force 4 sous spi asymétrique forcissant sur la fin. Arrivée à 17 H 30 dans le chenal.

Le 16 Juillet séjour à Boyardville où les responsables du port et usagers toujours aussi courtois, nous ont permis de passer un agréable moment. En attendant de pouvoir sortir avec une marée favorable, nous avons loué des vélos et sommes allés jouer au Golf d’Oléron, charmant 9 trous.

Le 17 Juillet départ à 15 H, vent d’Ouest, mer calme. Nous zigzaguons entre les parcs à huîtres pour arriver dans le mouillage de Gatseau à 18 H 15 ; superbe mouillage sur corps morts visiteurs en face du Novotel. Courants très importants dans la zone Sud d’oléron. Là encore nous assistons à un superbe coucher de soleil sur les dunes et les grandes forêts de pins qui nous entourent.

Le 18 Juillet, sur les bons conseils du capitaine de Boyardville et grâce à une météo favorable nous sommes prêts à emprunter le passage de Maumusson à 7 heures (2 heures après le début de la marée descendante) vent d’ouest, force 1 avec une houle de 0,60 à 1 mètre. Malgré ces conditions extrêmement clémentes, la zone reste agitée, hachée, laissant présager un passage très dangereux si les conditions sont défavorables.Cap à l’ouest – Sud Ouest afin de déborder le banc de la Mauvaise. Arrivée sur la bouée d’atterrissage A2 - après 3 heures de navigation. Là nous nous sommes retrouvés dans le chenal d’entrée Nord de la Gironde 1 heures ½ avant l’étal de la marée basse avec un très fort courant contre et une houle arrière de 1 m 50, vent force 3-4, de travers et moteur à fond pour étaler le courant ; malgré cela nous faisions 1 mile à l’heure. (mer difficile à manier, vent contre courant). Nous avons donc pris notre mal en patience et sommes arrivés à l’entrée de Bonne Anse. La marée n’étant pas suffisamment haute pour rentrer, nous avons donc mouillé devant une superbe plage de sable. (baignade, sieste et reconnaissance de la baie à pied afin de repérer un mouillage pour la nuit)A 17 H 30 nous rentrons dans bonne Anse pour nous échouer. Tous les touristes partis nous nous retrouvons seuls au milieu des dunes, des bancs de sable et des mouettes, avec vue sur le phare de Cordouan. Nature superbe, très sauvage et reposante. Nous en profitons pour descendre du bateau et s’offrir un apéro bien mérité sur le sable, au soleil couchant. Un vrai bonheur!

Le lendemain 19 Juillet, en attendant la marée haute, nous avons encore profités d’une belle journée pour explorer Bonne Anse, promenade dans les dunes et ramasser des coquillages.Départ à 18 heures pour Port en Médoc, arrivée à 20 heures. Là nous avons retrouvés notre cousin, propriétaire d’un first 211. Port immense, superbes infrastructures mais un peu impersonnel. L’accueil est cependant très sympathique et les restaurants très bons !

Le dimanche 20 Juillet départ au début de la marée descendante à 9 H 45 pour aller s’échouer devant le phare de Cordouan, arrivée à 11 H 45. Magnifique mouillage sur les bancs de sable et visite du phare. Monument exceptionnel dont la vue du sommet est époustouflante !A marée haute nous repartons sur Port en Médoc pour passer la nuit, faire le plein de fuel en vue de la descente sur le Bassin d’Arcachon le lendemain.

Lundi 21 Juillet, après avoir pris la météo qui était plutôt favorable nous levons l’ancre à 6 h 15, avec un peu de marée montante contre nous mais cela était indispensable pour arriver à 18 H 15 à l’entrée des passes du Bassin.On a longé la côte entre 1 et 3 miles, vent de travers qui est passé de force 1 à 4. Pour assurer notre moyenne nous avons fait au départ 6 heures de moteur puis le vent forcissant, nous avons mis les voiles ainsi que le spi asymétrique. Nous faisions du 7 nœuds de moyenne et sommes arrivés à temps à l’entrée des passes. Nous avons signalé notre présence au sémaphore du cap ferret et s’assurer que l’on pouvait bien s’engager dans la passe Nord qui était la seule balisée. La réponse fut : « pas de problème mais vous allez être un peu secoués ! » en effet, vent de face force 4-5 plein Nord, mer extrêmement hachée entre les déferlantes sur les bancs du cap Ferret à bâbord, et les déferlantes du banc d’Arguin à tribord.Un de nos amis devait venir à notre rencontre à bord d’un Cap Camara 6.50 m et a dû renoncer compte tenu de l’état de la mer. Nous sommes enfin arrivés à 20 H dans le port d’Arcachon. Malgré le fait de s’être annoncés plusieurs fois à la capitainerie nous n’avions pas de place à l’arrivée car il n’y a pas de places visiteurs en plein été et personne pour nous accueillir. Nous avons donc pris une place libre au hasard pour passer la nuit.Le lendemain, après négociation, nous avons pu rester une semaine sur des places provisoires en bout de ponton.Nous avons passés une semaine très agréable, en faisant de nombreux mouillages notamment à l’île aux oiseaux, devant les cabanes tchanquées et au banc d’Arguin ; le trafic très important de bateaux à moteur et les nombreux parcs à huitres ne simplifient pas la navigation à la voile.

Le 26 Juillet, Cap sur Saint Jean de Luz ; changement d’équipage et départ à 15 h du port d’Arcachon au début de la marée descendante, arrivée à 16 H dans les passes, sortie au moteur, beau temps, pas de houle, conditions idéales ! Nous avons longés la côte landaise, sans amer remarquable si ce n’est le phare de Contis. Belle nuit étoilée avec peu de vent (force 2) ce qui nous obligea à garder le moteur pour assurer la moyenne. Entrée dans la baie de Saint Jean de Luz entre la digue de Socoa et l’Arta à 5 heures du matin.On a navigué dans le secteur entre Hendaye et Biarritz pendant 10 jours et avons fait remonté le bateau par un skipper jusqu’à La Rochelle car nos vacances étaient malheureusement finies !En conclusion ce fut une belle expérience avec ce petit bateau grâce au fait qu’il soit échouable. Une météo favorable nous a permis de profiter pleinement de tous ces sites remarquables. (Les sites les plus beaux, Gatseau, Bonne Anse, Cordouan, l’île aux oiseaux et le Banc d’Arguin). Peut-être que ce récit donnera envie aux membres du CNLF de découvrir cet itinéraire qui est tout à fait faisable en restant toutefois très prudent !

Evelyne et Xavier DEMARET